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Instant d’humeur septembre 2016 : que lui diriez-vous?

Bonjour chers tous,
Je ne sais pas  ce que vous diriez à un compatriote, que vous voyez la première fois, à qui vous découvrez, au Congo, une maladie grave qu’il n’attendait pas.
J’ai vu cette semaine une maman de 50 ans, rayonnante, une vraie maman Congolaise, chez qui vient d’être découvert un SIDA, contractée sans doute à l’occasion d’une transfusion sanguine lors de son dernier accouchement. L’heureux bénéficiaire a maintenant 19 ans, et sera peut-être parmi ceux qui contribueront à apporter la paix définitive dans l’est du Congo. cette maman pourra bénéficier d’un traitement gratuit (mis en place avec l’aide internationale) contre son virus et pourra espérer avoir une espérance de vie acceptable, si elle ne contracte pas d’autre maladie. Son mari, contaminée et en stade plus grave, ne va probablement pas s’en remettre.
Un deuxième cas concerne un monsieur de 49 ans, qui a la malchance (il n’a rien fait pour ça, et cela peut arriver à vous aussi !) de croiser un jour un virus qui lui a provoqué une maladie du foie, actuellement grave, en stade de Cancer. C’est un intellectuel, qui a étudié avec les frais de l’état (zaïro-Congolais), plutôt compétent dans son domaine, et aurait pu être d’une aide précieuse tant il y a peu d’expert dans son domaine dans notre pays. Il marche comme vous et moi, mais mourra (c’est malheureusement trop tard, il n’y a pas de traitement pour guérir, chez nous comme ailleurs) dans les six mois à venir !
Une autre personne à qui j’ai annoncé un cancer curable se demande toujours comment il a fait pour attraper cette maladie (je lui ai expliqué qu’elle n’y était pour rien). Et surtout comment il va faire pour se faire soigner. C’est un ingénieur d’une quarantaine, au chômage, qui se débrouille pour vivre.
j’arrête ces exemples pathétiques dont je pourrai poursuivre l’énumération mais je veux rester résolument positif. Les trois cas peuvent concerner chacun d’entre nous. Dans la plupart des pays organisés, un fond national, où contribuent les citoyens, les salariés ou leurs entreprises, permet de prendre en charge ces maladies. Je rêve de cela pour notre pays.
Je ne sais pas encore prédire l’avenir comme l’explique Jacques Attali dans son récent livre, mais Jacques Delors, dans sa dernière parution  (l’homme qui ne voulait pas être roi) incite beaucoup à bousculer, dans le sens positif du terme, l’ordre établi.
Nous devrions pouvoir dire à ces compatriotes que nous aurons à cœur, entre autres, de nous battre pour améliorer notre système de santé et mettre en place une couverture santé minimale universelle.
Il y a plein d’idées simples et urgentes que nous pourrons développer. A l’image de ce compatriote, expert en technologie de l’information (détenteur d’un diplôme universitaire d’informatique médicale appliquée, j’ai dirigée pendant 5 ans un service d’information médicale), dont l’article, que je vous recommande (voir site 7sur7.cd) sur l’informatisation du Congo, me semble vraiment à propos. Il propose des mesures inévitables au 21ème siècle pour espérer développer un pays. Je suis fier de lui et de tous ces congolais dont la compétence est reconnue à travers le monde.
Il faut vraiment encourager tous les experts congolais, comme vous, dans tous les domaines, de réagir, et d’apporter ainsi leur contribution, pour le bien-être de notre Congo à tous, et de tous les congolais.
Que Dieu vous bénisse, Que Dieu bénisse notre Congo Démocratique.

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